Il est reconnu que le succès repose à 90% sur une bonne préparation et à 10% seulement sur le talent. Le financement d’entreprises n’échappe pas à la règle et les start-up doivent, au delà d’un modèle d’affaires performant et convaincant, se préparer à faire face aux questions de leurs investisseurs potentiels.
Et ce type d’exercice relève d’un certain savoir faire et d’une capacité à bien vendre son projet d’entreprise, de le valoriser auprès de l’investisseur et de définir clairement son retour sur investissement potentiel. J’ai souvent constaté que de très bons projets n’éveillaient pas l’attention qu’ils auraient mérité avoir si les entrepreneurs avaient mieux perçu les attentes des investisseurs.
La présentation suivante de Ben Holmes, de Index Ventures (UK), mérite un détour et donne aux entrepreneurs un aperçu général de la démarche d’investissement et un éclairage intéressant sur la position des investisseurs face à un investissement potentiel :
Dans une démarche de levée de fonds, un entrepreneur averti en vaut deux !
L’entrepreneurship connait aussi ses propres stéréotypes et l’image de l’entrepreneur jeune, célibataire, informaticien tout juste sorti de l’école est un des clichés qui viennent souvent à l’esprit. Les succès phénoménaux de certains jeunes entrepreneurs du Web y ont sûrement contribué. Cependant, qu’en est-il dans la réalité ? et que nous livre la statistique ?
plus de 90 % des entrepreneurs proviennent de classes sociales moyennes ou aisées et ont reçu un niveau d’éducation élevé (95 % sont des ”bachelor” et 47% ont un “master” et plus).
75 % des répondants étaient classés parmi les 30 % des meilleurs de leur high school et 52 % figuraient au rang des 10 meilleurs pourcent de leur classe.
Les créateurs d’entreprise sont plutôt agés (40 ans en moyenne) quand ils lancent leur compagnie. Environ 70 % sont mariés quand ils deviennent entrepreneurs et, parmi eux, 60 % ont au moins un enfant (ce qui contredit le stéréotype selon lequel les entrepreneurs sont des bourreaux de travail qui ne consacrent que peu de temps à leur famille.)
Voici une liste plus complète de 10 facteurs clés qui, selon l’étude, pourraient dessiner le portrait-robot de l’entrepreneur à succès (à conjuguer au genre masculin et féminin):
être marié et avoir 3 enfants
se situer dans les meilleurs de sa classe avant l’Université
poursuivre des études supérieures
être issu d’une classe moyenne
être plus éduqué que ses parents
avoir travaillé pour un employeur environ 6 ans avant de créer sa start-up
être le cadet de la famille
être le premier à se lancer en affaires dans la famille
être natif du pays où on créée son entreprise
lancer une start-up pour créer de la valeur, avoir la volonté de garder le contrôle de sa compagnie et capitaliser sur une idée auquel on croit
J’ai croisé pas mal d’entrepreneurs qui ont réussi en affaires et qui cumulaient une bonne partie de ces 10 facteurs. Mais qu’on se rassure, il y a aussi nombre d’entrepreneurs qui ont eu des succès en étant autodidacte, enfant unique ou célibataire…L’envie et la passion doublés d’un solide esprit d’entreprendre sont plus forts que tous les patrimoines génétiques.
Le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec, Clément Gignac annoncce son soutien inconditionnel à l’entrepreneurship et a récemment rencontré les représentants de la nouvelle École d’entrepreneurship de Beauce (EEB).
«Quand je vois des projets comme celui parrainé par Marc Dutil (Ndlr : président du groupe Canam), j’applaudis, a-t-il dit à l’auditoire. La mission de l’EEB ne devrait pas seulement être régionale, mais nationale. Il pourrait s’agir de l’École d’entrepreuneurship du Québec, basée en Beauce… Le gouvernement ne demeurera pas insensible à ces efforts car c’est formidable de voir des gens se prendre en main. Ça fait partie de l’industrie du savoir.»
«L’entrepreneurship est une des principales clés du succès du Québec. Et une de mes grandes priorités est d’aider les entrepreneurs. Je sais dans quelle direction je veux travailler : celle de la croissance économique»
Cette école a été créée à l’initiative de la Fondation de l’Entrepreneurship du Québec suite au constat alarmant et à la position peu enviable du Québec pour tout ce qui touche à la création d’entreprises au Canada. Elle a pris ses racines en Beauce, terre d’entrepreneurship par excellence au Québec, avec le soutien marqué de quelques industriels à succès et reconnus de la région.
Je reprends ici un court extrait d’un discours de Steve Jobs à Stanford en 2005 lors d’une remise de diplôme. En expliquant son succès, il déclare :
“Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.”
Allez vite découvrir le reste du billet rédigé par Kim Auclair (avec vidéo du discours à l’appui). Vous n’aurez alors plus de doute sur votre passion ou votre envie d’entreprendre !
« L’homme peut s’améliorer s’il est conscient de sa situation présente » (Abraham Lincoln - 16ième président des États-Unis)
J’ai souvent vu, chez les entrepreneurs, de l’ambition raisonnée et légitime mais aussi (et souvent) de l’ambition mal structurée. Tout projet d’entreprise doit s’appuyer sur une vision à moyen/long terme qui soit ambitieuse certes, folle parfois voire même un peu irréaliste car l’ambition est un part non négligeable du succès. Mais le succès ne sera au rendez-vous que si cette ambition est portée par une organisation et une mise en oeuvre savamment préparée et orchestrée à partir d’un état de situation actuelle bien cerné.
Savoir analyser “d’où on part” et définir clairement “où on veut aller” permet de bien connaitre sa situation de départ puis d’établir une stratégie adaptée, de fixer des objectifs clairs et un plan d’amélioration précis à l’entreprise. Les conditions essentielles de succès sont alors réunies.
Et comme une image vaut mille mots, je vous laisse sur cette belle illustration pour alimenter la réflexion …
Oser. Un verbe simple, court mais lourd de sens. Qui ne s’est jamais posé la question de savoir s’il devait oser ? Et qui peut prétendre ne jamais avoir pensé qu’il aurait du oser. Mais voilà, oser n’est pas toujours facile que ce soit dans la vie quotidienne ou dans la vie professionnelle et encore moins lorsqu’il s’agit d’entreprendre. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi comme maxime du mois, cette citation de Sénèque, qui interpelle inévitablement lorsque l’on prend le temps de s’y arrêter un instant :
“Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles“
Sénèque (Philosophe latin, né à Cordoue en -4 avant JC) pensait-il que sa citation serait encore au goût du jour près de 20 siècles plus tard ? En tout cas, j’en ai personnellement fait la devise de mon entreprise. Ce qui m’oblige chaque matin à l’aube d’une nouvelle journée d’être conscient que j’aurai sûrement à oser pour atteindre mes objectifs…
La récession touche désormais les côtes canadiennes et sans avoir la force d’un tsunami économique, on peut présager qu’elle va malheureusement faire son œuvre dévastatrice dans les mois qui viennent. Non pas que le péril soit généralisé mais certaines entreprises parmi les plus fragiles ne résisteront pas risquent d’être emportées dès la première vague. Faut-il pour autant céder à un vent de panique ? Sûrement pas ! Chaque crise apporte son lot de faillites mais représente aussi un potentiel nouveau d’opportunités pour les entreprises qui sauront mettre à profit cette période de ralentissement pour innover, trouver de nouveaux débouchés à leurs produits ou tout simplement changer de modèles d’affaires.
Qui se souvient aujourd’hui que Nokia (voir historique du groupe), leader mondial des téléphones cellulaires et innovateur reconnu du domaine, était encore dans les années 80 une entreprise finlandaise industrielle plus orientée vers l’industrie de la botte en caoutchouc que dans le secteur de l’électronique et des télécommunications ? Et pourtant, un changement radical de stratégie, une vision dans un marché en devenir et une volonté sans faille du management de l’entreprise et de son personnel, en a fait une entreprise renommée et enviée partout sur la planète.
C’est aussi à la suite au 11 septembre 2001 que certaines entreprises proposant des solutions de vidéoconférence ou de web-conférence ont décollé en plein éclatement de la bulle internet en bénéficiant de l’arrêt presque total des déplacements en avions dans plusieurs pays du monde et notamment des États-Unis, premiers consommateurs de transports aériens. Ou plus loin de nous encore, c’est en plein cœur de la crise pétrolière que FedEx a démarré en 1973 et après la crise de 1929 que certains journaux tels La Tribune en France ou Business Week et Fortune aux États-Unis ont lancé leurs premiers numéros.
Le point commun entre toutes ces entreprises ? Selon les critères de réussite traditionnels, elles ne devraient pas exister aujourd’hui mais elles ont été les premiers entrants, dans un créneau émergent et fort potentiel de croissance, avec une offre innovante et à forte valeur ajoutée. Il est bien évident qu’il est plus facile de faire cette analyse après coup quand bien d’autres ont essayé sans réussir mais c’est aussi un fort encouragement à penser différemment en temps de crise. Le succès se prépare et il est rarement le fruit du pur hasard !
Chercher de l’information sur un thème d’intérêt ou prendre le temps de divaguer dans la bloggosphère permet de faire des découvertes surprenantes, de tomber sur des blogs passionnants et sans aucun doute, d’élargir ses sources d’inspiration.
Blog coup de coeur de la semaine, “du statut de Repreneur à celui d’Entrepreneur“, est le récit (en cours) du parcours d’un futur entrepreneur qui décide de franchir le pas par le biais d’une reprise d’entreprise. Et de suivre sur plusieurs mois le parcours du combattant et aussi les états d’âme de l’auteur dans une période où les banques sont devenues d’une frilosité rare face aux entreprises.
Voici comment Jean-Pierre De Almeida décrit une des motivations (altruiste) qui l’a incité à créer ce Blog comme un véritable journal de bord de son parcours de repreneur : “ permettre à d’autres potentiels repreneurs en phase de reflexion de bénéficier de mon expérience pour, pourquoi pas, les faire basculer vers cette formidable expérience qu’est la reprise d’entreprise ! J’essaierai à travers ce blog de retranscrire tout ce qui je pourrais ressentir et vivre pour véritablement livrer la vraie facette de ce parcours du combattant (qui restera malgé tout le mien, et qui ne saurait être représentatif de ce que pourrait vivre n’importe quel autre repreneur !)”.
En lisant le dernier billet “une première réponse”, on a hâte de découvrir le prochain épisode…sans oublier de prendre le temps de déguster un bon café !
Est-il possible d’être femme, noire, immigrante et entrepreneur au Québec ?
C’est la question à laquelle Laurence Traoré (originaire du Burkina Faso et présidente de Lavage Auto-Nette Gagnon à Québec) a répondu, lors de la récente présentation de son recueil d’expérience, qui s’est déroulée à l’espace Felix Leclerc sur l’Ile d’Orléans. Le lieu était d’ailleurs très bien choisi puisqu’il est un endroit qui rend hommage à ce grand poète et chanteur québécois qui fait la fierté de toute la Belle Province. Et la réussite de Laurence mérite la reconnaissance de toute une communauté pour ses 10 ans de vie québécoise et sa réussite exemplaire en affaires.
Inutile aussi de vous dire que la réponse de Laurence fut affirmative et sans aucune ambiguité. J’ai particulièrement apprécié l’angle de la conférence et surtout le fait que Laurence n’ait jamais cherché à analyser ou dissiquer tout le poids que représente une femme d’affaires, noire et immigrante. Elle a surtout voulu démontrer qu’avec de la volonté, de l’énergie et de la passion, on peut réussir partout et dans tous les milieux, y compris pour une femme dans le milieu non-traditionnel du lavage automobile. Et quand on apprend que tout çà s’est bâti en s’appuyant sur le recrutement volontariste de personnels en situation de réinsertion social, on ne peut qu’être admiratif.
Chapeau bas, Laurence et pour ceux à qui j’aurais donné envie de lire le recueil (Laurence étant une femme de caractère, elle l’a intitulé “Une femme d’affaires noire dans un domaine de l’homme blanc“), vous pouvez vous le procurer en faisant une demande via le site : www.lavagegagnon.com
Si j’aime parler entrepreneurship dans ce blog, je trouve que le terme est pour moi trop souvent associé au mot ”lucratif”. Alors comme il est important de tordre le coup à cette association d’idée un peu rapide et non systématique, je vous recommande d’aller faire un tour sur le blog communautaire Waska, une équipe qui énonce ainsi sa mission :
“Rendre autonomes les individus et les organismes à buts non lucratifs qui dépendent des fonds publics et de la charité. Promouvoir l’entraide, le partage et la concertation communautaire“.
Bel exemple d’engagement et d’entrepreneurship communautaire. Je suis profondément convaincu que notre société moderne, pour se perpétuer et conserver une bonne harmonie, doit savoir trouver un juste équilibre entre un soupçon d’affaires et une pincée d’engagement communautaire.